4 questions sur le rapport d’experts

Publié par Renaud Persiaux le 26.09.2013
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4.5
 
Initiativerapport MorlatRapport experts 2013

Le rapport d’experts est un document qui fait référence en France, un état des données scientifiques et des bonnes pratiques de soins auquel on doit se référer. C'est aussi une photographie de la réalité de la prise en charge globale. Pour les associations, c’est un outil essentiel pour le plaidoyer : il contient des recommandations sur lesquelles on peut s’appuyer ensuite dans les COREVIH et les différentes instances de démocratie sanitaire. C’est aussi l’occasion de soutenir des recommandations de recherche et des évolutions règlementaires (décrets, arrêtés, etc.).

Qui le commande, qui le dirige ?

Pour cette édition 2013, le travail des vingt-trois experts du groupe s’est établi non plus sous la tutelle de la direction générale de la Santé (DGS), mais sous l’égide de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) et du Conseil national du sida (CNS). La lettre de mission de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait été adressée en novembre 2012 aux professeurs Jean-François Delfraissy (directeur de l’ANRS) et Patrick Yeni (président du CNS), qui en avaient successivement assuré la direction par le passé. Ils ont désigné le professeur Philippe Morlat, chef du service VIH de l'hôpital Saint-André du CHU de Bordeaux, précédemment en charge des chapitres "Infections" et "Tumeurs", pour assurer la direction du groupe.

Quelle est sa particularité ?

Ce rapport détonne dans le paysage des recommandations médicales, notamment en raison de la participation importante de représentants associatifs (reconnus comme légitimes et portant une expertise), et de sa dimension d’approche globale. La lettre de mission demandait que cette édition aborde les aspects épidémiologiques, scientifiques et thérapeutiques, de dépistage, et de prévention. Et qu’il envisage des recommandations dans les domaines sanitaires, sociaux, éthiques et organisationnels. Aussi y a-t-il un chapitre entier sur les conditions de vie pour un succès thérapeutique (c'est-à-dire le "social", créé en 2008 suite à la demande des associations) et un autre sur l’organisation des soins.

Le rapport d’experts, ça se fait comment ?

Il y a d’abord le groupe central, sorte de "comité de pilotage" du rapport, composé de 23 membres. Leur rôle : décider des orientations, de l’organisation, participer à la relecture et, après arbitrage, à la synthèse des textes et des recommandations. Il y a ensuite les commissions thématiques dont chacune est dirigée par un membre du groupe central. Enfin, des contributions ou auditions ont été organisées par chaque directeur de commission sur un certain nombre de sujets. Le texte et les recommandations sont revus et validés par le groupe central et in fine par le professeur Philippe Morlat. Après de nombreuses heures de travail pour chacune des commissions, et onze journées de réunions du groupe central, les seize chapitres du rapport VIH 2013 ont été finalisés fin juin et rendus publics le 25 septembre.

Comment se procurer le rapport
Le rapport est commercialisé par la Documentation française. Il est téléchargeable gratuitement sur le site du ministère des affaires sociales et de la santé. Le CNS propose aussi un jeu de diapositives officielles présentant des axes forts du rapport 2013. Un résumé en anglais du chapitre "Traitement ARV" est à paraître dans le "Journal of the IAS".