Covid-19 : point infos !

Publié par Sophie-seronet le 21.06.2022
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ThérapeutiqueCovid-19

Ces dernières semaines, la Covid-19 semblait passer au second plan, du fait de la guerre en Ukraine, de la survenue de la variole du singe ; mais cela ne semble plus désormais si simple, puisqu’on note désormais une augmentation du taux d’incidence après huit semaines de baisse en France. Remontée aussi en Allemagne où se profile une nouvelle vague. Du côté des chercheurs-ses, on essaie den comprendre quelle a été et est encore le taux d’adhésion aux mesures de prévention contre la Covid-19. Quant aux experts de l’OMS, ils-elles estiment que la thèse d'une fuite de labo pour expliquer la diffusion de la Covdi-19 mérite des études plus approfondies. Seronet fait le point.

France : augmentation du taux d’incidence

Chaque semaine, Santé publique France publie un point épidémiologique relatif à la surveillance de la Covid-19. Ce point présente une analyse détaillée des indicateurs mis en place pour suivre l’évolution de l’épidémie et orienter les décisions publiques. En semaine 22 (celle qui allait du 30 mai au 05 juin), les taux d’incidence et de positivité ont augmenté après plusieurs semaines de baisse, et ceci dans la plupart des classes d’âge et des régions, note SPF. Les indicateurs hospitaliers ont, quant à eux, poursuivi leur diminution au niveau national. En Outre-mer, les taux d’incidence et de positivité sont restés particulièrement élevés en Martinique. Le sous-lignage BA.2 du variant Omicron était majoritaire et représentait 80 % des séquences interprétables de l’enquête Flash. Ces données montraient une augmentation de la détection des sous-lignages BA.4 et BA.5, qui représentaient respectivement 1,1 % et 18,0 % des séquences interprétables. Si les cas augmentent, les hospitalisations poursuivent, elles, leur diminution.

Adhésion aux mesures de prévention

L’enquête CoviPrev observe, entre autres, de l’adhésion aux gestes barrières. La 34e vague de cette enquête (du 9 au 16 avril 2022) constate, après plusieurs mois d’augmentation, la diminution de l’adhésion à ces gestes, et notamment une baisse du port du masque — qui s’est confirmée en mai. Seule l’aération toutes les heures apparaissait en hausse au mois de mai, possiblement en lien avec l’augmentation des températures extérieures, note Santé publique France. Pour la plupart des gestes barrières, les intentions de les maintenir l’hiver prochain sont majoritairement motivées par le fait d’avoir des symptômes ou bien en cas d’épidémie (maladie hivernale ou nouvelle vague de Covid-19), explique CoviPrev. Même si une attention particulière est portée en présence de personnes fragiles, l’intention du port du masque ou celle du lavage régulier des mains en cas de symptômes sont loin d’être acquises dans toutes les circonstances. Par ailleurs, depuis fin 2021, les intentions de se faire vacciner se stabilisent, tout comme l’adhésion des répondants-es à la dose de rappel depuis avril 2022 : 71 % des répondants-es étaient couverts-es par un rappel contre la Covid-19 et 62 % des répondants-es ayant déjà reçu un premier rappel étaient favorables à la seconde dose. « On peut donc craindre que la proportion d’adultes couverts par un rappel ait atteint un plafond et se stabilise autour de 70 % », avancent les auteurs-rices de l’étude. Le bon accueil de la seconde dose de rappel se confirme, notamment parmi les populations ciblées. Pour les autorités de santé, l’effort de vaccination doit se poursuivre : au 07 juin, seulement 31 % des 60-79 ans et 28,4 % des 80 ans et plus éligibles à la seconde dose de rappel l’avaient effectivement reçue. Et SPF de conclure : « Dans le contexte d’une hausse de la circulation du Sars-CoV-2 qui s’amorce et d’une moindre adoption systématique des mesures de prévention, il est nécessaire de rappeler l’importance de l’application des gestes barrières pour limiter la diffusion de l’épidémie et protéger les populations les plus vulnérables ».

Allemagne : nouvelle vague

L'Allemagne est confrontée à une nouvelle vague de Covid-19, a annoncé (15 juin) le ministre de la Santé Karl Lauterbach, exhortant les personnes les plus fragiles à effectuer une quatrième dose de vaccin. « La vague annoncée pour l'été est malheureusement devenue une réalité », a indiqué Karl Lauterbach au quotidien Rheinische Post. « Cela signifie moins de relâchement pendant les prochaines semaines ». Alors que le nombre d'infections à la Covid-19 avait diminué en mai et que l'Allemagne avait abandonné au printemps la plupart de ses mesures de distanciation sociale, les chiffres des nouvelles contaminations remontent à présent rapidement. En l'espace de 24 heures, 92 344 nouveaux cas avaient été comptabilisés, selon les chiffres de l'institut de veille sanitaire Robert-Koch publiés le 15 juin. L'incidence sur sept jours du virus était de 472,4 cas pour 100 000 habitants-es dans le pays. « Parce que le variant actuel du virus se transmet très facilement et que presque toutes les mesures de précaution sont arrivées à expiration, l'arrivée de l'été a moins d'effet cette année » pour réduire la circulation de la Covid-19, a expliqué le ministre de la Santé.  Il a recommandé aux personnes âgées ou malades d'effectuer sans attendre une dose de rappel. « Cela ne protège pas complètement contre une infection, mais permet d'éviter les formes graves de la maladie », a-t-il argumenté.

La thèse d'une fuite de labo

Encore et toujours. Récemment, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelait l'absence de preuves définitives sur l'origine de la pandémie de Covid-19. Façon de relancer le débat et les recherches sur la thèse du virus qui aurait échappé d'un laboratoire en Chine. Des experts-es nommés-es par l’OMS estiment que cette hypothèse mérite de « plus amples recherches ». Ils-elles insistent sur l'absence, pour l'heure, de preuves définitives sur l'origine de la pandémie, quel que soit le scénario considéré, indique l’AFP. Ces 27 experts-es couvrant plusieurs disciplines ont également dressé une liste d'études supplémentaires à mener sur la théorie d'un passage du virus de la Covid-19 de la chauve-souris à l'homme par le biais d'un animal intermédiaire, non identifié — le pangolin n’est plus mis en cause.  « Ce rapport préliminaire n'est pas destiné — et il ne le fait d'ailleurs pas — à apporter des conclusions définitives sur les origines du Sars-Cov2 parce qu'il faut plus d'informations grâce aux études que le rapport recommande », préviennent les experts-es du Groupe consultatif scientifique sur les origines des nouveaux agents pathogènes (Sago). La mission de Sago dépasse largement le cadre de la seule enquête sur les origines du Covid-19. Elle doit surtout établir un catalogue de meilleures pratiques pour permettre de mieux détecter et plus rapidement le vecteur de la prochaine pandémie… qui arrivera, un jour ou l’autre. Reste que l'attention se porte naturellement sur l'origine du Sars-Cov2, un virus qui a causé une quinzaine de millions de morts dans le monde selon l'OMS, depuis les premiers cas identifiés dans la ville chinoise de Wuhan fin 2019. Le débat sur les origines est virulent dans la communauté scientifique, mais il a surtout pris une dimension politique qui complique l'enquête ; notamment du fait de la mauvaise volonté des autorités chinoises à fournir des informations. Aujourd’hui, la situation est que plus de deux ans et demi après le début de la crise, le Sago reconnaît « qu'il manque encore des données clés pour comprendre comment la pandémie de Covid-19 a commencé ».

Version modifiée du vaccin de Pfizer à l'étude

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé mercredi 15 juin le lancement de la procédure d'examen d'une version modifiée du vaccin contre la Covid-19 de Pfizer afin de mieux protéger contre des variants spécifiques du virus, dont Omicron, explique l’AFP. « Au fur et à mesure que la société progresse dans le développement de son vaccin adapté, l'EMA recevra davantage de données, notamment des données sur la réponse immunitaire au vaccin, ainsi que des données sur son efficacité contre les sous-variants d'Omicron », souligne l'EMA dans un communiqué.

Anthony Fauci, positif à la Covid-19

Le très respecté et célèbre Anthony Fauci, principal conseiller du président américain Joe Biden sur la crise sanitaire de la Covid-19 (après avoir été celui de Donald Trump), a été testé positif à la Covid-19, a annoncé (15 juin) l'Institut national des maladies infectieuses, dont il est le directeur. L'octogénaire, rapidement devenu le visage de la lutte contre la pandémie aux États-Unis, est vacciné contre la Covid-19 et a reçu deux doses de rappel, a précisé l'institut (Niaid) dans un communiqué destiné à endiguer d’éventuelles polémiques. Ses symptômes sont légers. Anthony Fauci « va s'isoler et continuer à travailler de chez lui », selon le communiqué. En 2020, ce médecin de formation, déjà célèbre dans le monde de l'infectiologie et tout particulièrement dans la lutte contre le VIH/sida, mais encore peu connu du grand public, a été projeté sur le devant de la scène en rejoignant la cellule présidentielle sur le coronavirus, lorsque Donald Trump était au pouvoir. Ses messages simples inlassablement répétés et ses innombrables apparitions télévisées avaient alors fait de lui la figure rassurante dont l'Amérique avait besoin. « Il est vacciné huit fois et quadruplement masqué, et pourtant le corona s'est quand même frayé un chemin. LA SCIENCE ! », a cru nécessaire d’écrire sur Twitter le fils de l'ancien président, Donald Trump Jr, montrant que le sens de la nuance, la justesse de jugement et la connaissance du sujet passaient bien d’une génération à une autre. Les cas d'infections malgré la vaccination se sont multipliés depuis l'apparition d'Omicron, dont des sous-variants sont à l'origine de la vague actuelle aux États-Unis. Anthony Fauci, 81 ans, avait réussi jusqu'ici à éviter d'attraper le Covid-19, se montrant très précautionneux. Les États-Unis enregistrent actuellement plus de 100 000 nouveaux cas de Covid-19 par jour, un chiffre largement sous-estimé selon les experts-es, notamment du fait du recours désormais très répandu aux autotests, dont le résultat n'est pas forcément communiqué aux autorités.

Espagne : 4e dose pour toute sa population

L'ensemble de la population espagnole pourra recevoir une quatrième dose de vaccin anti-covid, probablement à partir de l'automne prochain, a annoncé (16 juin) la ministre espagnole de la Santé, Carolina Darias, citée par l’AFP. « Il y aura une quatrième dose pour toute la population », a-t-elle indiqué, précisant qu'il ne restait plus qu'à en fixer la date. Cet automne, l’Espagne, comme d’autres pays de l’UE, attend « l'arrivée de nouveaux vaccins adaptés aux variants » du coronavirus. L'Espagne, comme de nombreux pays, a opté pour une deuxième dose de rappel — soit quatre doses de vaccin au total — uniquement pour les personnes les plus vulnérables, essentiellement celles de plus de 80 ans ou celles qui sont immunodéprimées. Certains pays, dont les États-Unis, administrent déjà la quatrième dose aux personnes de plus de 50 ans.  Avec 93 % de sa population de plus de 12 ans entièrement vaccinée et 53 % de ses 47 millions d'habitants-es ayant déjà reçu la première dose de rappel, l'Espagne est l'un des champions de la vaccination anti-covid dans le monde.  Le pays, où l'opposition au vaccin est quasiment inexistante, a enregistré au total 12,5 millions d'infections et 107 239 décès depuis le début de la pandémie, en mars 2020. Madrid a adopté, fin mars, une nouvelle stratégie consistant à traiter le Covid-19 comme une simple maladie endémique, dont le suivi épidémiologique est comparable à celui de la grippe.

Léger rebond des tests, nette reprise des cas

Le nombre de tests de dépistage de la Covid-19 avait augmenté de 20 % en France en quinze jours, selon des chiffres publiés le 16 juin dernier par le ministère de la Santé ; dans le même temps, les infections avaient doublé.  Une nouvelle vague semble donc se dessiner à l'horizon. La semaine du 6 au 12 juin, près de 1,3 million de tests PCR et antigéniques ont été validés, précise la direction des statistiques des ministères sociaux (Drees) dans un communiqué.  C'est 5 % de plus que la semaine précédente. Ce rebond des dépistages accompagne une reprise épidémique plus prononcée. Tombé à moins de 18 000 cas quotidiens fin mai, le rythme des contaminations (en moyenne sur 7 jours) est passé à plus de 30 000 au 12 juin et a dépassé les 38 000 cas le 15 juin, selon les données de Santé publique France compilées par le site CovidTracker. « La courbe épidémique est exponentielle en France, cela ressemble à une nouvelle vague qui a l'air d'être menée par (les) nouveaux variants BA.4 et BA.5 d'Omicron », a commenté l'épidémiologiste Antoine Flahault sur France Info. Il a souligné que la tendance était actuellement la même « dans presque tous les pays d'Europe de l'Ouest ».  L'impact sur les hôpitaux reste encore incertain, même si le reflux des « patients Covid » s'est ralenti depuis une semaine. Leur nombre était passé sous les 14 000 au 15 juin (contre plus de 25 000 lors du dernier pic en avril), dont un peu moins de 850 en soins critiques.  De son côté, le gouvernement « ne parle pas de vague » à ce stade, mais « reste extrêmement vigilant », a indiqué sa porte-parole Olivia Grégoire, annonçant « une communication en conseil des ministres le 22 juin » sur les mesures que l'exécutif entend maintenir après la fin du régime de sortie de l'état d'urgence sanitaire, prévue le 31 juillet.

Levée des brevets sur les vaccins critiquée par le Leem

La douzième Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est conclue le 17 juin sur un accord des 164 États membres en faveur d’une levée temporaire des brevets protégeant les vaccins contre la Covid-19. « Pendant cinq ans, les gouvernements de pays en développement pourront délivrer des licences obligatoires aux fabricants nationaux en échange d’une indemnisation des titulaires de brevets », rappelle Le Quotidien du médecin (17 juin). Comme le pointe le journal médical, plusieurs ONG « dénoncent un accord tardif et limité ». Oxfam évoque un « tour de passe-passe technocratique », l'accord se limitant aux pays qui n'ont pas encore la capacité de produire des vaccins. Pour Médecins sans frontières (MSF), « cet accord ne parvient globalement pas à offrir une solution efficace et significative pour aider à accroître l'accès aux outils médicaux nécessaires pendant la pandémie, car il ne renonce pas de manière adéquate à la propriété intellectuelle sur tous les outils médicaux essentiels au Covid-19, et il ne s'applique pas à tous les pays », a réagi le Dr Christos Christou, président international de MSF. Du côté du Leem (les entreprises du médicament), la décision des membres de l’OMC est jugée « préoccupante ». Le lobby pharmaceutique français a d’ailleurs publié un long communiqué de presse pour dénoncer ce choix de l’OMC. Le Leem déplore « un accord qui fragilise la propriété intellectuelle et la santé publique ». Il avance l’idée que cet accord serait « contre-productif en termes de santé publique ». « L’accord de l’OMC n’augmentera pas les niveaux de vaccination dans les pays à faibles revenus, prétend le Leem. Au contraire. La remise en cause de la protection intellectuelle par les brevets met en péril les approvisionnements mondiaux en entravant la production et les collaborations, en freinant la recherche et les investissements nécessaires pour faire face aux pandémies actuelles et futures. Tout en ouvrant une brèche au détournement de matières premières et fournitures depuis les chaînes de production bien établies, vers des sites de fabrication où la productivité et la qualité peuvent poser problème ».  Bref, c’est l’apocalypse ou presque. La charge ne s’arrête pas là, puisque le Leem considère qu’il s’agit d’un « mauvais signal pour l’innovation ». Et le lobby de conclure : « Le Leem regrette que la dimension politique ait pris le pas sur les enjeux de santé publique et d’innovation ». Cela dit, on ne voit pas de propositions du côté du Leem qui viendraient pallier le gouffre qui existe pour les pays du Sud dans l’accès à la vaccination.