VHB et VHC au Burkina Faso

21 Décembre 2018
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Les hépatites virales à virus B et C sont un fléau de santé publique au niveau mondial. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que, dans le monde, plus de 250 millions de personnes vivent avec une infection chronique au virus de l’hépatite B et plus de 70 millions au virus de l’hépatite C. Comme le rappelle l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) (26 novembre) : « Évaluer et contrôler ces épidémies à l’échelle d’un pays nécessite la connaissance solide de leur épidémiologie et de leurs déterminants ». Pour ce faire, une équipe de recherche soutenue par l’ANRS alliant chercheurs français et burkinabés a réalisé une analyse précise de la prévalence des hépatites virale B (VHB) et C (VHC) au Burkina Faso. Les résultats de ces travaux ont été publiés en novembre 2018 dans le bulletin de l’OMS. L’équipe de recherche s’est appuyée sur des données et des échantillons sanguins récoltés en 2011 lors d’une enquête dite « démographique et santé » (DHS). Ce type d’enquête, mené dans plusieurs pays, collecte et diffuse, des données démographiques et de santé, représentatives de la population. Lors de l’enquête burkinabé de 2011, des échantillons sanguins sur papier buvard avaient été réalisés afin d’établir la prévalence de l’infection par le VIH dans le pays. Ces 15 000 prélèvements étaient conservés au Centre national de transfusion sanguine du Burkina Faso permettant aux chercheurs de réaliser des tests sérologiques des infections par le VHB et par le VHC. « Le croisement des résultats sérologiques aux données démographiques de l’enquête DHS détermine une prévalence nationale de 9,1% pour le VHB et de 3,6% pour l’hépatite C au Burkina Faso », indique un communiqué de presse de l’ANRS. « L’analyse révèle (…) que cette prévalence élevée du VHB l’est de manière uniforme dans le pays. A l’inverse, la prévalence du VHC varie selon le sexe, l’âge des individus, leur niveau d’éducation et de revenu, l’ethnie à laquelle ils appartiennent, le statut sérologique de leur partenaire, le secteur, rural ou urbain, et surtout la région du Burkina Faso où ils vivent », détaille l’ANRS. Cette mise en évidence « de disparités significatives de prévalence entre régions », n’avait jamais été observée auparavant. C’et un des grands apports de cette étude. Les données indiquent ainsi que la prévalence du VHC est très forte dans la région sud-ouest du Burkina Faso (13,2 %) et ce, particulièrement chez les jeunes de 15 à 20 ans (12,9 %) signe d’un foyer infectieux actif. « Les résultats de cette étude soulèvent deux questions : celle des déterminants de l’infection par le VHC (…) et celle des modalités d’action et de prise en charge du VHC. », indique le communiqué de l’ANRS qui va d’ailleurs financer une nouvelle étude à ce propos.