Etats-Généraux LGBT : mettre la fin du sida à l’agenda

Publié par Mathieu Brancourt le 06.12.2015
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Mode de vielgbtifin de l'épidémie

Le 12 et 13 novembre dernier, à Avignon, ont eu lieu les premiers Etats-généraux du militantisme LGBTI en France. Malgré les tragiques événements de Paris, près de 200 activistes ont planché sur le sens du combat pour l’égalité, alors que beaucoup reste à faire. AIDES était présente pour parler de santé sexuelle et de lutte contre le VIH/sida, des hépatites virales, mais aussi de sérophobie.

L’initiative de ces Etat-Généraux LGBTI est née d’un manifeste de 2013, faisant suite aux débats sur le mariage pour tous, aux manifestations contre cette loi, et à l’échec des autres revendications sur l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes ou encore le droit des trans. Le manifeste a été signé par plus de soixante-dix associations LGBTI dont des associations de lutte contre le sida et les hépatites virales, comme AIDES.

Deux ans après la fin du combat à l’arraché pour le mariage, le constat reste peu reluisant et les besoins urgents : la PMA, la reconnaissance de toutes les familles homoparentales, l’absence d’évolution sur les droits des trans et le changement d’état civil, l’absence enfin de véritables politiques de lutte contre les discriminations LGBTIphobes. En conséquence, le manifeste invite à réfléchir à l’avenir du mouvement LGBTI en France.

Les objectifs de ces Etat-Généraux LGBTI étaient donc de renforcer la structuration du mouvement LGBTI, ses fondements et revendications, de rétablir la confiance entre les différents acteurs. Sur place, des militants de AIDES ont voulu aussi renforcer la place de la santé LGBT, la lutte contre le VIH/sida et la sérophobie, en rappelant l’importance d’une réponse collective du mouvement LGBTI, historiquement très touché par le sida.

AIDES a donc axé sa présence sur des enjeux qui lui sont spécifiques et qui ne seraient pas portés par d’autres dont la PrEP (prophylaxie pré-exposition) ou les questions liées à la sérophobie dans la société, mais aussi au sein de la communauté LGBTI. Les "autres revendications politiques auxquelles AIDES est attachée (changement d’état civil libre, rapide, gratuit, accès aux droits et à la santé pour les travailleurs et travailleuses du sexe, vieillissement LGBTI, etc.) ont fait l’objet d’un soutien appuyé de la part des militants de AIDES", explique Etienne Fouquay, chargé de mission Nouvelles stratégies de santé à l’association.

Enfin, AIDES a aussi travaillé à la question de l’appropriation par les militantes et militants de l’efficacité du Tasp ou traitement comme prévention. "AIDES travaille pour que ce sujet soit mieux connu par les médecins, par les personnes vivant avec le VIH, par les personnes appartenant à des groupes et communautés où l’épidémie est active, mais aussi par la population générale", explique encore Etienne Fouquay.

Le VIH est aujourd’hui encore très présent dans les communautés LGBTI. La prévalence atteint les 17 % chez les gays. Ces communautés doivent accepter de le voir et l’assumer, le revendiquer même. Le mouvement LGBTI, en tant que mouvement dont l’essence intègre la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, doit prendre en compte et lutter, socialement et en son sein, contre les autres formes de discriminations dont celles à raison de l’état de santé.