CONDAMNATIONS AU SENEGAL : POUR UNE PETITION INTERNATIONALE !

Publié par micheltlse le 10.01.2009
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Aucune envie de retirer un seul mot à cet article du site Africa.com trouvé en tapant Sénégal et malfaiteurs. J'espère pour très vite une pétition internationale pour soutenir nos frères et soeurs... 

"Le 19 décembre, la police arrête neuf hommes dans un appartement de la périphérie de Dakar. Ils avaient été dénoncés à cause de leurs amours illicites : l’homosexualité est un crime au Sénégal, pays majoritairement musulman. L’article 319 du code pénal stipule en effet que « quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe » risque « un emprisonnement d’un à cinq ans » et une amende comprise entre 100 000 (environ 150 euros) et un million de FCFA (1 500 euros). Une peine sévère, mais bien en deçà de celle prononcée mardi à Dakar pour « comportement impudique et contre-nature et association de malfaiteurs ». Pourquoi « association de malfaiteurs » ? « Comme l’homosexualité est un crime, un gay est considéré comme un criminel. Du coup, si plusieurs homosexuels se réunissent en association, la justice estime qu’il s’agit d’une association de malfaiteurs », commente pour Afrik Joël Nana, directeur du plaidoyer et de la recherche en Afrique à la Commission internationale pour les droits des gays et lesbiennes (IGLHRC).

Peine plus sévère que la loi : Le parquet avait requis une peine de cinq ans de prison pour tous les accusés, mais le juge les a condamnés à huit ans de prison et 500 000 FCFA d’amende. Une sentence qui serait la plus lourde jamais prononcée au Sénégal contre des homosexuels, a expliqué à l’AFP Me Issa Diop, l’un des quatre avocats de la défense. « L’accusation d’association de malfaiteurs a servi d’alibi au juge pour dépasser de trois ans la peine demandée par le procureur. Je pense que le juge a pris sa décision sur la base de ses propres croyances et peut-être aussi de son homophobie », estime Joël Nana.  Me Issa Diop a annoncé qu’il ferait appel du verdict. Quant aux associations de défense des droits gays et lesbiens, elles protestent vivement contre les condamnations. « Nous nous insurgeons farouchement contre toutes les violations des droits humains commises, qui vont à l’encontre des différents textes internationaux sur les droits humains signés par le Sénégal. D’autant que le Sénégal est l’un des récipiendaires de fonds débloqués par le Fonds Mondial dans le cadre de la lutte contre le sida chez les homosexuels », commente Joël Nana, dont l’organisation coordonne des actions de soutien pour les condamnés.

Autorisation implicite de maltraiter les homosexuels . Le soutien prend une ampleur internationale. « On a alerté les autorités diplomatiques françaises. Elles sont relativement actives, notamment pour garantir un procès équitable et le respect des droits de la défense. Car en première instance, d’après les informations que j’ai vu circuler, les avocats des accusés n’ont pas eu tout le temps de consulter les dossiers », confie à Afrik Philippe Colomb, animateur de l’organisation française Solidarité Internationale LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels). Reste que certains homosexuels songent à quitter le Sénégal. Pour vivre libres. Ce scénario n’est pas sans rappeler celui qui s’est déroulé fin 2007-début 2008, lorsque le magazine people Icône a publié les photos d’un prétendu mariage gay. Suite à cette parution, plusieurs personnes avaient été arrêtées, avant d’être relâchées, et des homosexuels présumés avaient été lynchés. Un passif qui pousse Joël Nana à envisager le pire : « Par des condamnations comme celles de mardi, le pouvoir donne implicitement l’autorisation à la population de maltraiter des personnes homosexuelles ou présumées comme telles. Il montre que les homosexuels n’ont pas le droit de vivre librement leur orientation sexuelle. »

La lutte contre le sida en danger : Les conséquences des condamnations risquent aussi d’être désastreuses en matière de santé publique. « Ces arrestations suivies de condamnations vont rendre impossible toute forme de prévention du VIH/sida dans la communauté car les homosexuels n’oseront plus sortir de chez eux. Par ailleurs, l’appartement de Diadji [l’un des gays condamnés] servait de relai entre les homosexuels et les acteurs de la lutte contre le sida : les homosexuels venaient chercher du lubrifiant, des préservatifs et les séropositifs pouvaient obtenir des médicaments », souligne Joël Nana.Résultat, le Sénégal se retrouve en contradiction avec les engagements pris au cours de la Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles (Cisma), qui s’est tenue à Dakar du 3 au 7 décembre. Lors de cette rencontre, la ministre de la Santé et de la Prévention et plusieurs acteurs locaux de la lutte contre le sida avaient appelé à inclure les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (MSM) dans les plans de lutte contre le sida. Le verdict de mardi prouve une nouvelle fois qu’une telle politique ne va pas de paire avec la pénalisation des relations entre personnes de même sexe. Entre prévenir et punir, Dakar va devoir choisir".

Commentaires

Portrait de arsule

je signe cette petition.

arsule

Portrait de micheltlse

Merci Arsule ! J'espère que d'autres nous rejoindront rapidement...

D'abord il y a l'homosexualité hors-la-loi. De plus, il y a ce concept d'"association de malfaiteurs". Pas de malfaisants mais de malfaiteurs ! Et, in fine, les conséquences sur la lutte contre le Sida.

A relire très précisément : "Du coup, si plusieurs homosexuels se réunissent en association, la justice estime qu’il s’agit d’une association de malfaiteurs".

Ce qui veut dire que des gays qui se réunissent pour lutter contre le Sida en prennent pour plus que s'ils ne s'occupaient pas du SIDA : c'est ce l'on appelle en France la double peine !

C'est tout proprement scandaleux et je redemande à chacun sur ce site, intellos ou pas, au lieu de vous engueuler en ce moment pour des conneries et des phrases mal écrites, mal lues ou mal comprises, putaing, unifions nos voix pour crier haut et fort :

NOUS SOMMES TOUS DES GAYS SENEGALAIS ! 

L'article cité au début du blog vient précisément du site Afrik.com

Portrait de ecceomo

On en avait parlé

 

j'ai cherché sur le net

et mis à part l'info très précises

je n'ai pas trouvé de traces d'une pétition

que des appels individuels à envoyer des mèl à l'ambassade du sénégal en France

 

il faudrait donc une initiative

 collective pour qu'elle vaille

 

 un chose m'a frappé qui peut être aussi un des aspects mobilisateur  complémentaire de la dénonciation de l'homo-phobie :

..... Par ailleurs, l’appartement de Diadji [l’un des gays condamnés] servait de relai entre les homosexuels et les acteurs de la lutte contre le sida : les homosexuels venaient chercher du lubrifiant, des préservatifs et les séropositifs pouvaient obtenir des médicaments », souligne Joël Nana.

......

 

 ecceomo

Positivement / / De passage avant compostage

Portrait de micheltlse

Salut l'ami !

Non seulement une assoce gay contre le sida est de facto une association de malfaiteurs mais des gays qui s'échangent du matériel du protection est aussi une action collective de malfaiteurs.

Je vais contacter amnesty International vous savoir ce qu'ils font.

Il n'y a pas, à ma connaissance non plus, de pétition internationale et c'est bien pour cela que je l'appelle de tous mes voeux !

Quid aussi des liens des assoces françaises avec les organismes africains qui luttent contre le sida ?

Portrait de ecceomo

slt Mich

et si, on rédigeait ensemble une lettre envoyée à de multiple asso pour les interroger... leur demander de se positionner.

concernant le détail de l'info, il me semble que nous avons des éléments qui sont solides et fiables.

@+

ecceomo 

 

 

Positivement / / De passage avant compostage

Portrait de micheltlse

bien sûr : je vais essayer de faire le point avec amnesty international. si un aidien peut déjà nous dire ici ce qu'il en est de aides, ce ne serait aussi pas inutile et la lettre vaudrait aussi pour nos "chers' ministres.

biz

Portrait de micheltlse

Trouvé http://luclebelge.skynetblogs.be/post/6595988/homophobie-senegalaise--la-honte

Voici ce qu'on pouvait lire dans la presse sénégalaise en ligne du 23 décembre (source: rewmi.com). Vous pouvez réagir en prenant contact avec Amnesty International 

Après l’arrestation récente de deux homosexuels surpris en pleins ébats dans maisons à Sicap Mbao il y a une dizaine de jours, la police de la localité vient de démanteler un vaste réseau d’homosexuels. Les faits remontent au vendredi dernier, tard dans la soirée, lorsque les limiers du poste de police ont fait une descente dans un immeuble situé juste au nord de la grande mosquée de Sicap Mbao. Ces homosexuels avaient loué un appartement dans cet immeuble collectif et s’y adonnaient souvent à des parties de jambes en l’air. Les limiers de la localité, informés de ces pratiques, n’ont pas tardé à réagiret de fil en aiguille, ont mis la main sur ces derniers, au nombre de huit, d’après une source proche de l’arrestation. Du côté du poste de police où ils sont toujours en garde-à-vue, l’enquête se poursuit. Une enquête qui ne sera pas une mince affaire pour les limiers de Sicap Mbao, d’après une source bien informée parce que ces homosexuels commencent à citer des noms de hautes personnalités appartenant à leur réseau. A la tête de ce réseau très organisé, selon nos informations, un homosexuel bien connu et qui n’a aucun complexe par rapport à son homosexualité. C’est d’ailleurs lui qui a personnellement loué l’appartement et procédé au recrutement de jeunes homosexuels. Il a été arrêté avec ses pairs, muni d’un matériel très sophistiqué qui leur permettraient de vivre pleinement leur sexualité.

Portrait de Gigilamoroso

salut

enfin la pétition est en ligne.....tous à vos claviers

pour moi c'est fait

gigilamoroso

 

 

a kipouh

Portrait de micheltlse

Merci gigi !

c'est fait aussi...

Biz

Portrait de micheltlse

Communiqué d'Amnesty Internatonal. "Amnesty International a sollicité le vendredi 9 janvier 2009 la libération immédiate et sans condition de neuf hommes condamnés le 7 janvier à une peine de huit ans d’emprisonnement pour « conduite indécente et actes contre nature et association de malfaiteurs ». L’organisation les considère comme des prisonniers d’opinion, condamnés uniquement en raison de leur comportement sexuel présumé. Ces neuf hommes ont été arrêtés à Dakar le 19 décembre 2008 après avoir été la cible d’accusations anonymes relatives à leur vie sexuelle. Les policiers ont effectué une descente au domicilie de Diadji Diouf, secrétaire général d’AIDES Sénégal, association engagée dans la prévention du sida envers les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Le tribunal a considéré cette organisation comme une couverture pour « recruter » ou rassembler des personnes dans le but d’avoir des rapports sexuels, sous le prétexte de mener des programmes de sensibilisation sur la prévention du VIH/sida. Le juge a prononcé ces lourdes condamnations – plus sévères que celles requises par l'accusation – quelques minutes seulement après la fin des débats, ce qui laisse supposer que les éléments de preuve présentés par la défense n’ont pas été dûment examinés. Les avocats ont interjeté appel le 9 janvier 2009. Selon le code pénal sénégalais, « quiconque commet un acte indécent ou contre nature avec une personne de même sexe sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d’une amende comprise entre 100 000 et 1 500 000 francs ». Si cet acte est commis avec une personne de moins de vingt-et-un ans, la peine maximale sera toujours appliquée. En août 2008, deux hommes ont été condamnés à deux ans d’emprisonnement par un tribunal de Dakar pour de tels faits. Ces accusations permettent, en violation des obligations qui incombent au Sénégal au titre du droit international relatif aux droits humains, de poursuivre en justice des personnes qui se seraient livrées en privé à des relations sexuelles entre adultes consentants. En outre, l’accusation d’« association de malfaiteurs » est bien souvent retenue afin d’alourdir la peine... "
Portrait de micheltlse

"Quelques jours avant l’arrestation des neuf hommes, les médias ont lancé des attaques contre les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres à l’occasion de la 15Conférence Internationale sur le SIDA et les Infections sexuellement transmissibles en Afrique (ICASA).  En février 2008, neuf hommes et une femme ont été interpellés, tandis que d’autres risquaient d’être arrêtés, au lendemain de la condamnation dans la presse d’un « mariage gay » au cours duquel certains d’entre eux avaient été photographiés. Cet article présentait l’homosexualité comme contraire aux « valeurs sénégalaises ». Des commentaires postés par la suite sur des sites Internet locaux demandaient la mise à mort de ces hommes. Lors de la conférence de l’ICASA en décembre à Dakar, l’épidémie de VIH/sida qui touche les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes en Afrique subsaharienne a été débattue comme une question déterminante à laquelle il importe de remédier. Les sessions consacrées aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ont été saluées comme une étape décisive car c’est la première fois que cette question était abordée lors d’une conférence de l’ICASA – plus grand rassemblement africain de militants et de chercheurs sur le VIH/sida . En tant que tels, les débats ouverts sur ce sujet lors de la conférence de l’ICASA ont témoigné d’une évolution positive des mentalités. Une session sur ce thème a mis en évidence les difficultés rencontrées pour effectuer des recherches sur l’épidémie en Afrique et entreprendre d’y porter remède. D’après un chercheur de l’université de Lagos, au Nigéria, la criminalisation de l’homosexualité entrave considérablement les recherches sur les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes en Afrique et plus particulièrement en Afrique de l’Ouest. Peu d’entre eux osent parler par peur d’être rejetés et victimes de discrimination, mais aussi par crainte des répercussions au niveau de la justice. En outre, cette politique de répression risque de dissuader les hétérosexuels, hommes ou femmes, de solliciter des informations et des services en matière de santé sexuelle par peur d’être eux aussi mis à l’index. Les récentes arrestations et les sanctions sévères prononcées par les autorités sénégalaises contre des militants ne peuvent qu’aggraver ce climat de peur". AI

Portrait de micheltlse

AIDES a lancé une pétition demandant la libération immédiate des neuf condamnés, la protection des acteurs de lutte contre le sida au Sénégal, et la suppression de l'article 319:3 du code pénal sénégalais. On peut signer cette pétition sur le site de AIDES.

Sur Seronet, lire aussi :

http://www.seronet.info/article/senegal-des-gays-militants-de-la-lutte-contre-le-sida-condamnes-9212